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Fin de la 11ème Epidémie à virus Ebola en RDC

Le Professeur Jean Jacques MUYEMBE TAMFUM coordonnateur de la riposte contre la maladie à virus Ebola en RDC répond aux préoccupations de la presse sur la prévention, le traitement et la vaccination contre cette maladie en RDC.

Comment se porte la riposte contre l’Epidémie d’Ebola en RDC ?

Nous avons gagné la bataille contre cette épidémie de la maladie à virus Ebola mais nous ne l’avons pas maitrisé, le virus continue de circuler encore dans nos forêts et dans nos savanes.

Comment le virus quitte nos forêts pour se rependre dans nos villages ?

Cela se fait par l’intermédiaire des chasseurs et des agriculteurs, qui vont en forêt et lorsqu’ils y trouvent un animal mort, un singe ou une antilope, ils disent Dieu merci, j’ai une viande, je vais manger ce soir. Or cette antilope ou ce singe peut être mort, infecté par le virus ebola, donc quand on dépièce cet animal on entre en contact avec son sang infecté. C’est par là que toute la famille est infectée aussi. Arrivé à l’hôpital, puisse que les bonnes conditions ne sont pas réunies, le personnel soignant aussi sera contaminé, y compris la communauté par ce dernier.

Existe-t-il actuellement un traitement ou un vaccin contre la maladie à virus Ebola ?

Dans les épidémies antérieures, le taux de mortalité était de 70 à 80% des personnes infectées, aujourd’hui cette létalité a baissé de 40 à 42%. A l’Equateur nous avons eu une mortalité de 42%, c’est grâce aux progrès que nous avons faits pendant la grande épidémie du Nord et du Sud-Kivu ainsi qu’en Ituri. Nous avons trouvé deux médicaments efficaces que nous avons appelés "Régénérons" et "MAB 114", mis au point par l’INRB et NIH aux Etats-Unis. Grâce à ces deux molécules, nous pouvons traiter maintenant les cas d’Ebola et c’est comme ça que nous avons réduit le taux de létalité dans les hôpitaux, chez les malades.

Il y avait également le développement d’un vaccin par la firme Merck et l’OMS a autorisé qu’on puisse utiliser ce vaccin pour diminuer la circulation du virus dans la communauté. Ça c’était une vaccination en ceinture, c’est-à-dire on vaccine les gens qui ont été en contact avec un cas connu et ce vaccin a montré son efficacité, c’est-à-dire, 95% des personnes vaccinées ne développent pas la maladie et si elles développent la maladie, elles vont faire une maladie moins sévère avec une létalité très basse. Ce sont donc les progrès que nous avons faits, nous pouvons dire que ce sont les plus grandes découvertes du 21ème siècle, en ce qui concerne la lutte contre les fièvres hémorragiques virales.

Il y a un deuxième vaccin qui a été développé par la firme Johnson and Johnson aux USA, qui est un vaccin beaucoup plus prospectif qu’on peut donner à un plus grand nombre dans le cadre de la vaccination de masse. Nous avons également essayé ce vaccin, moi-même j’étais le premier à être vacciné à Goma. Malheureusement il y a eu l’épidémie de la covid qui est venue et nous n’avons pas terminé les essais cliniques. Mais les premiers résultats sont également encourageants, c’est-à-dire que, ce vaccin confère une protection de 90 à 95% et il n’y a pas d’effets secondaires majeurs.

Que fait la RDC pour éviter la 12ème épidémie à virus Ebola ?

La maladie à virus Ebola n’est plus cette maladie qui faisait peur parce qu’il y avait une très forte mortalité, mais à présent c’est une maladie qui a un vaccin et un traitement, donc une fois qu’on a détecté la maladie très vite, qu'on l'a confirmé très vite, on peut également la traiter très vite aussi pour sauver des vies.

Pour empêcher cette propagation, il faut former les chasseurs et les agriculteurs pour qu’ils ne touchent pas aux animaux morts dans les forêts. On ne peut manger qu’un animal qu’on a tué avec un fusil ou par un piège mais pas les animaux trouvés morts en forêt. Cela est la source de la propagation du virus. Cet appel vise à atteindre les chasseurs et les agriculteurs, pour leur donner cette information. Cela reste un grand défi.

L’INRB a été inauguré le 08 décembre 1984 par le Président François Mittérand et le Premier Commissaire d’Etat Kengo wa Dondo. Il est donc le fruit de la coopération franco-congolaise. Il est pour nous le symbole de durabilité d’un projet de coopération qui, après le départ des coopérants, connait un rayonnement national et international.

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